La Dame Blanche

Zuttion Quentin

Le Lombard

  • 16 mars 2022

    Estelle est une infirmière en maison de retraite. Elle fait face aux morts solitaires des résidents et à leurs rêves inachevés. Raconter ses souvenirs, se réinventer une histoire, se souvenir de son unique amour, chaque résident laisse son empreinte et c’est dans son tiroir à souvenirs que Estelle garde « l’héritage qu’elle mérite ».

    « Estelle, on est les dernières personnes qu’ils vont voir avant de mourir. Quand ils entrent ici, ils le savent bien. C’est facile de se dire qu’on sera leur famille, leur nounou, leur amie… Mais c’est faux. Nous, on n’est rien d’autre que celles qui leur rappellent tous les matins en leur servant leur café qu’ils sont à la fin de leur vie. »

    Une œuvre poétique qui nous ouvre les yeux sur les liens étroits entre corps médical et résidents.


  • 26 février 2022

    Une dernière danse...

    Briser les tabous, encore et toujours, autour de la vieillesse et de la mort. Dans cette BD aux tons bleutés, Quentin Zuttion raconte la fin, les vieux, au travers des yeux d'une jeune infirmière. On rit, on pleure et surtout on valse avec ces personnages cabossés, tous en quête d'une belle fin à leur histoire.


  • par (Libraire)
    22 janvier 2022

    Estelle est infirmière dans une structure pour personnes âgées. Depuis plus de dix ans qu'elle fait ce métier, elle en a vu défiler des "petits vieux". Elle en a vu mourir pas mal aussi et c'est toujours aussi dur, de s'attacher à eux, d'être parfois les seuls visages qu'ils voient avant de s'en aller pour toujours.
    Pour pallier à cette tristesse et ce poids, Estelle prend de chaque personne décédée un souvenir. Oh pas grand chose, une babiole par ci par là, pour garder un souvenir de ces êtres qu'elle a aimés, ne serait ce que quelques semaines...

    Qu'il est beau cet album! Plein d'empathie pour ces femmes (et ces hommes mais surtout ces femmes!) qui prennent soin de nos parents, grands parents et les accompagnent doucement mais sûrement vers la fin de leur vie. Quentin Zuttion dessine à merveille ces corps fatigués, usés mais pour certains toujours pomponnés, les traits lassés et tirés de ces infirmier.e.s et aides soignant.e.s qui, jour après jour, répondent présent.

    Un album qui m'a profondement touchée et émue. A lire absolument!


  • par (Libraire)
    19 janvier 2022

    Estelle est infirmière dans une structure pour personnes âgées. Depuis plus de dix ans qu'elle fait ce métier, elle en a vu défiler des "petits vieux". Elle en a vu mourir pas mal aussi et c'est toujours aussi dur, de s'attacher à eux, d'être parfois les seuls visages qu'ils voient avant de s'en aller pour toujours.
    Pour pallier à cette tristesse et ce poids, Estelle prend de chaque personne décédée un souvenir. Oh pas grand chose, une babiole par ci par là, pour garder un souvenir de ces êtres qu'elle a aimé, ne serait ce que quelques semaines...

    Qu'il est beau cet album! Plein d'empathie pour ces femmes (et ces hommes mais surtout ces femmes!) qui prennent soin de nos parents, grands parents et les accompagnent doucement mais sûrement vers la fin de leur vie. Quentin Zuttion dessine à merveille ces corps fatigués, usés mais pour certains toujours pomponnés, les traits lassés et tirés de ces infirmier.e.s et aides soignant.e.s qui, jour après jour, répondent présent.

    Alors peut être parce que j'ai lu cet album quelques heures après être allé voir ma propre grand-mère dans sa maison de retraite mais je dois dire qu'il m'a profondément touchée et émue.

    Bref, c'est une bande dessinée à lire absolument !


  • par (Libraire)
    17 janvier 2022

    Touchant et juste

    Certains appellent cela des « fleurs de cimetières ». Elles sont le début de la vieillesse, le début de la fin. Elles sont le début de la Bd, terrifiantes, omniprésentes sur le corps de la vieille Madame Suzanne. Ces taches sur la peau qui vieillit, traversent cet ouvrage jusqu’à la dernière case. Elles sont le symbole de ce que l’on tait et de ce que l’on cache: le corps qui faiblit, la peau qui flétrit, les muscles qui défaillent. Le premier défi réussi de Quentin Zuttiou est celui là: oser montrer sans artifice ce qui fait d’abord la vieillesse et qui finit par occuper tout l’espace, ce corps qui se manifeste dès le lever du matin, que l’on détaille chaque jour pour savoir si tout fonctionne bien, ce corps qui est abandonné peu à peu, pour la toilette, pour le repas aux mains des soignants et soignantes, ce corps qui appartient alors aux autres et si peu à soi même.

    C’est Estelle, infirmière dans la maison de retraite « Les Coquelicots » qui nous sert de guide, nous ouvre les portes derrière lesquelles se cachent tant de vies, tant de souffrances, tant de fantasmes. On ne côtoie pas chaque jour impunément la mort et Estelle se débat avec les liens intimes qu’elle tisse avec certains résidents et le nécessaire détachement à la souffrance d’autrui. Elle tâtonne, elle doute, fait des choix hasardeux, se perd parfois entre amour, pitié, tendresse et détresse.
    Quentin Zuittou a travaillé comme étudiant dans un EHPAD, très « impliqué émotionnellement » il avoue avoir été marqué par le « contraste entre les moments de vie, les rires, les chants et la mélancolie d’une vie passée ou d’une mort qui tarde à venir ». C’est sur ce fil du rasoir que surfe l’auteur qui évite tous les pièges du genre, et nous offre une palette large et humaine de résidents si différents: le vieil homme qui s’excuse d’avoir un émoi sexuel sous le frottement d’une serviette, la vieille dame qui renie son passé pour s’inventer un poste d’ambassadrice à Prague, Sophie qui rêve encore de s’enfuir avec sa jeune bien aimée. Chacune, chacun enfermé dans un monde qui se réduit chaque jour et dans lequel il faut essayer de trouver des fenêtres ouvertes sur la réalité ou l’imaginaire. L’observation est clinique, vécue, réelle mais pleine d’empathie et de compréhension et n’hésite pas à évoquer des images d’une rare poésie.

    Le dessin magnifique est au diapason, évitant le manichéen noir et blanc, pour adopter un bleu froid, monochrome que viennent éclairer, des couleurs resplendissantes utilisées pour exprimer des souvenirs, des fantasmes de joie et de bonheur. Il permet par sa poésie de faire entrer l’imaginaire dans des pages qui acceptent le réalisme, de faire côtoyer sur une même page, la mort et la vie.

    La Dame Blanche, ce personnage lumineux qui aperçu sur le bord de la route est, selon la croyance populaire, un présage de mort, fait partie des ouvrages qui vous accompagnent plusieurs jours après leur lecture. Vous guetterez alors sur votre peau ces petites taches brunes, sans importance, banales. Pour certains elles sont déjà là. Alors cette Bd vous parlera au présent. Pour d’autres elles sont encore cachées et dissimulées par les années à venir. Cette Bd vous parlera au futur. Mais elle parlera à tout le monde car elle évoque avec une intelligence rare ce qui nous attend tous et que nous ne préférons pas voir. Quentin Zuttiou nous aide à ouvrir nos yeux quitte à nous faire pleurer mais il célèbre en même temps un formidable hymne à la vie.